Taximan : Vert et mal aimé

25 janvier 2014

Taximan : Vert et mal aimé

Le Taximan. A Ouagadougou, cela signifie un homme aigri, irrespectueux des règles de la circulation, insolent et conduisant un vieux tacot « France Au Revoir »  peint en vert au-dessus duquel il a juché un néon où il est écrit « Taxi ».

Un taxi à Ouaga (Ph : Zatibagnan)
Un taxi à Ouaga (Ph : Zatibagnan)

Il gare où et quand il veut

Le Taximan à Ouagadougou, c’est le vrai roi de la route. Il s’y comporte comme un pacha dans son  palais. Il stationne où il veut et quand le client veut. Et surtout, sans clignoter (puisque son taxi est souvent borgne ou aveugle par devant et par derrière).

Au grand dam des Ouagalais motocyclistes qui s’y cognent régulièrement les jantes et les dents.

Il s’en fout

Le Taximan ouagalais s’est approprié le refrain d’une chanson du célèbre musicien Black So Man (le Noir est un humain ou le Noir n’est pas un animal, si vous voulez) aujourd’hui décédé : « On s’en fout ».

Eh oui ! Le Taximan ouagalais ‘s’en fout » pas mal si vous l’insultez parce qu’il a mal garé ou a frôlé un peu trop près votre garde-boue avant. S’il devait tenir compte des injures qu’on lui balance chaque jour, il aurait de quoi construire un pont jusqu’au paradis.

Il prévient

Le Taxi est vite remarqué dans le paysage grâce au vert de sa carrosse (Ph : Zatibagnan)
Le Taxi est vite remarqué dans le paysage grâce au vert de sa carrosserie (Ph : Zatibagnan)

Certains taximen ouagalais sont tout de même galants. L’arrière de leurs taxis portent ces avertissements révélateurs :

– « Ne me suis pas de près«

– « Calme-toi !«

Si vous ne tenez pas compte de ces feux de signalisation, tant pis pour vous, et surtout, gare à vous si vous égratignez un bout de peinture vert de son tacot !

Mais il rend service

Malgré tout ceci, les Ouagalais et les Taximen, c’est comme l’huile et l’eau. Ils ne s’entendent pas, mais chacun compte sur l’autre pour pouvoir préparer le riz-gras à l’huile et à l’eau.

Le Taximan vit de ses clients qu’il racole à chaque coin de rue. Le Ouagalais qui n’a pas les moyens de se payer une moto (ça coûte cher une moto pour le salaire moyen que gagne le Burkinabè moyen) ou  qui n’a pas du tout envie de s’essayer aux deux roues (eh oui, ce ne sont pas tous les Ouagalais qui aiment les deux roues), n’a plus que le taxi pour l’aider à couvrir ses déplacements.

Avec 2 00 F CFA (moins d’1 euro), le Taxi vous dépose où vous voulez, pour votre bonheur et … en énervant les autres, qui en riront plus tard, une fois avec leurs amis ou leurs parents. Ainsi roule Ouaga.

Zatibagnan

Depuis Ouaga

Partagez

Commentaires